Archives de avril, 2014

Il y a des vélos qui donnent des ailes. Et d’autres qui en ont. Comme l’Alérion. Le vélo Alérion est une pièce unique sculptée par Charles Boulnois, meilleur ouvrier de France, sur un cadre de vélo en bois de l’éditeur Keim. Ce projet exceptionnel est le fruit d’une belle rencontre entre spécialistes du bois. En venant s’installer dans la région de Tours, dans la vallée de la Loire (France), le sculpteur n’imaginait pas atterrir à deux pas de l’atelier de Keim, où la designer industrielle Paule Guérin et le prototypiste Till Breitfuss donnent vie à des créations design haut de gamme. C’est en découvrant leur atelier respectif que l’idée d’une collaboration voit le jour. Paule et Till travaillaient sur un cadre de vélo en bois quand Charles leur propose de sculpter un cadre au ciseau à bois. Pour se faire une idée de la masse de bois nécessaire, l’homme réalise un premier modelage en pâte à modeler, sur base duquel Paule et Till lui fournisse un cadre brut. Quelques semaines plus tard, Charles présente son œuvre. « Un vrai challenge, car sculpter dans une pièce de bois en lamellé-collé avec des directions de fibres différentes n’est pas évident », explique Till Breitfuss. « Inspiré de la mythologie, et notamment de Pégase et de ses chevauchées fantastiques, le cadre est une sculpture sur laquelle on peut s’asseoir. Vous connaissez beaucoup d’œuvres sur lesquelles on ose s’asseoir? Et puis, l’Alérion rappelle une époque où l’ornement et l’art s’appliquaient aux objets utilitaires ».

Si ce vélo de 9,5 kg en frêne blanc et finition en résine d’époxy restera un objet de collection, sachez que Keim est sur le point de produire un autre vélo en bois de géométrie comparable. Limité à 20 exemplaires sur mesure, le vélo Arvak (allusion au cheval mythologique tirant le soleil dans sa course à travers le ciel) arbore une silhouette épurée, tout en fluidité. Pour les amateurs de design bois, son cadre est obtenu par moulage de feuilles de placage dans une forme. 24 couches de frêne blanc stratifiées ont été utilisées. Il s’agit donc d’un cadre monocoque (sans assemblages), ce qui lui assure une grande rigidité sans triangulation. Côté composants, il est équipé d’une fourche tout carbone, de roues Corima Aero 2D avec jantes carbone et moyeux piste, des boyaux Schwalbe ONE, un pédalier Miche Primato Pista et une selle carbone Fi’zi:k Volta R1, pour un poids total de 7,5 kg. Des amateurs? Ne traînez pas, la souscription se clôture le 30 juin 2014. Prix du rêve : 7980 €. Bien informé, le vélosophe a toutefois appris que Paule et Till vont poursuivre leurs tests en laboratoire pour… plancher sur une version en série légèrement différente et plus abordable. A suivre…

Vous en voulez encore plus? Mon livre ‘La créativité liée au vélo – Bike-inspired creativity‘ est disponible via www.velosophe.be/livre

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L’art peut se cacher partout. Même dans une chambre à air de vélo. Après de multiples crevaisons et autant de rustines, l’artiste japonais Takafumi Miki (Mickey pour les intimes) s’est résolu à changer la chambre à air de sa roue de vélo. Plutôt que de la jeter, le designer graphique basé à Londres a eu l’idée de transformer ce bout de caoutchouc destiné à la poubelle en une œuvre surprenante. Passionné par tout ce qui touche à la résolution des images, il s’est mis à découper des petits ronds de caoutchouc avec sa paire de ciseaux. Beaucoup de petits ronds. Des petits et des très petits. Pendant une semaine. L’idée lumineuse s’est vite transformée en quelques ampoules sur les doigts. Puis, Mickey a tout collé sur une feuille blanche et l’inerte caoutchouc s’est fait cycliste. Le jeu d’optique de l’illustration est bluffant. A un bon mètre de distance, les points disparaissent au profit de l’image, mais même l’observateur le plus attentif ne peut soupçonner l’origine de la matière. De près, par contre, impossible de voir le cycliste en action, l’œil se contente du relief des pastilles. Comme quoi tout est question de point de vue. Pour la petite histoire, l’œuvre du vélosophe est intitulée ‘Dots Ride’ et circule avec l’exposition Cy-collage du collectif Colectivo Futuro. Des amateurs de récup dans la salle?

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Illustration du designer graphique Takafumi Miki. Cycliste en pastilles de caoutchouc provenant d'une chambre à air de vélo.

Dots Ride est une illustration représentant un cycliste. Travail graphique sur la résolution.

Illustration du designer graphique Takafumi Miki. Cycliste en pastilles de caoutchouc provenant d'une chambre à air de vélo.

Illustration du designer graphique Takafumi Miki. Cycliste en pastilles de caoutchouc découpées dans une chambre à air de vélo.

Avec deux parents architectes, le jeune Hongrois Kiss Zsombor a grandi dans les (bons) plans. Attiré depuis toujours par les beaux vélos, le vélosophe a d’abord étudié le design graphique puis le design industriel. Et ce qui devait arriver arriva. Il se mit en tête de dessiner son propre vélo, un modèle unique qui exprime sa vision du design. L’idée était simple : combiner une série de lignes 2D avec des formes 3D pour transformer un design plat en un objet de rêve. Le premier prototype a été conçu en acier pour s’assurer que la géométrie du cadre tienne bien… la route. Mission remplie. Le jeune designer envisage à présent de tester une version en aluminium et une autre en fibre de carbone. A suivre… (on vous tiendra au courant!)

Cet article est également paru dans le magazine canadien Vélo Mag.

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Vélo du jeune designer hongrois Kiss Zsombor.

Vélo du jeune designer hongrois Kiss Zsombor.

Les amateurs de vélos customisés, design et urbains en ont eu plein les yeux ces 28, 29 et 30 mars à la 3e édition du salon SPIN London. « Le vélo ne cesse de gagner en popularité », déclare Alex Daw, le fondateur de l’événement. « Toutefois, le vélo n’est plus uniquement un moyen de transport, il est l’expression d’un mode de vie, d’une attitude, d’une identité. Plus que jamais, il devient un prolongement de la personnalité. La culture du vélo urbain est particulièrement riche et nous voulions lui rendre hommage, sous toutes ses formes ». Pari pleinement rempli : 70 exposants (fabricants de cadres indépendants, inventeurs d’accessoires vélo, créateurs de collections de vêtements, …) dont 40% venus de l’étranger, démonstrations de hardcourt bike polo (London Hardcourt Bike Polo Association, LHBPA) et de BMX, exposition d’illustrations d’artistes inspirés par le vélo, conférences, représentations théâtrales et musicales, … Tout était au rendez-vous pour un week-end hautement vélosophique. Découvrez un aperçu de la 3e édition de SPIN London en 40 photos.

Vélo Rizoma exposé à la 3e édition du salon du vélo urbain SPIN London.

Vélo Rizoma exposé à la 3e édition du salon du vélo urbain SPIN London.